Treize ans et un fossé technique séparent Grand Theft Auto IV et Grand Theft Auto V, et pourtant le débat ne s’éteint jamais dans les communautés. Réponse courte : GTA 5 est le meilleur jeu pour l’immense majorité des joueurs, grâce à son contenu et son ampleur, mais GTA 4 garde une vraie longueur d’avance sur l’ambiance et la physique. On compare tout, point par point.
Liberty City contre Los Santos, deux Amériques
GTA IV (2008) nous parachute à Liberty City, le New York de Rockstar, dans la peau de Niko Bellic, vétéran des Balkans venu chercher un rêve américain qui vire au cauchemar. Le ton est gris, pluvieux, désabusé, presque un film de gangsters indé. GTA V (2013) change radicalement de climat : direction Los Santos, satire clinquante de Los Angeles, avec un humour féroce sur la célébrité et l’argent. Là où IV racontait une descente intime, V vise la fresque sociale et le grand spectacle.
La conduite et la physique, le grand fossé
C’est LE point qui divise les fans. GTA IV s’appuie sur le moteur RAGE épaulé par Euphoria, le système d’animation procédurale de NaturalMotion, qui donne aux corps et aux véhicules un poids bluffant : suspensions molles, transferts de masse, carambolages spectaculaires au moindre choc. Beaucoup de puristes n’ont jamais retrouvé cette sensation ailleurs. GTA V a fait le choix inverse, assumé côté game design : une conduite plus arcade et nerveuse, où la voiture colle à la route. Plus accessible et plus fun pour la majorité, moins « vivant » pour les amoureux de IV.
Contenu et ampleur, l’avance écrasante de GTA 5
Sur ce terrain, pas de match. La carte de GTA V réunit Los Santos et l’arrière-pays de Blaine County (désert, montagnes, océan et même des fonds marins explorables), plusieurs fois plus vaste et variée que la seule Liberty City. Ajoutez le switch en temps réel entre Michael, Franklin et Trevor, les braquages scénarisés, et surtout GTA Online, lancé le 1er octobre 2013 et toujours alimenté en 2026. GTA IV se contentait d’un multijoueur basique et de deux extensions, certes excellentes (The Lost and Damned et The Ballad of Gay Tony).
Les chiffres, 25 millions contre près de 230
Côté critique, c’est serré et historique. GTA IV affiche 98 sur 100 sur Metacritic, le score le plus élevé de toute la saga, devant les 97 de GTA V. Mais côté ventes, l’écart est abyssal : GTA IV s’était arrêté à plus de 25 millions de copies (dernier chiffre communiqué, en 2013), quand GTA V approche les 230 millions en mars 2026. De quoi en faire le deuxième jeu le plus vendu de l’histoire, derrière le seul Minecraft. Le succès n’a donc pas suivi la note des critiques : c’est le contenu et la longévité qui ont fait la différence, comme on l’explique dans notre article sur pourquoi GTA 5 tient encore depuis 2013.
Et GTA VI, héritier des deux écoles ?
Bonne nouvelle pour les nostalgiques de IV : tout indique que GTA VI veut marier les deux héritages, l’immersion et la physique poussée façon Red Dead Redemption 2 (donc la lignée d’Euphoria) avec l’ampleur et le contenu venus de V. Pour creuser, voyez notre comparatif entre GTA 6 et GTA 4, notre rétrospective de GTA IV à Liberty City et la date de sortie de GTA VI.
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